livres à lire avant de mourir

26 livres à lire absolument dans sa vie avant de mourir

Quels livres lire en 2024 ? Que ce soit pour se cultiver, pour commencer ou si vous ne savez pas quoi lire en ce moment, vous trouverez ici des conseils pour les meilleures lectures de tous les temps. En tant que romancier publié chez Belfond et grand lecteur (bookstagram), je lis pour vous des romans, des essais, du développement personnel, de la poésie et même de la BD et vous recommande les livres à lire au moins une fois dans sa vie. Mon seul critère : le coup de cœur.

1 – La promesse de l’aube de Romain Gary (Folio) – 1973.

La plus grosse claque littéraire que j’ai prise : Romain Gary, La promesse de l’aube. C’est l’histoire de sa relation avec sa mère, fusionnelle et passionnelle, qui le voyait ambassadeur, pilote de guerre, auteur ou diplomate, lui mettant une pression folle. Il parvint à tout réussir. Il devint tout ça à la fois. Malgré ce, il ne ses sentit jamais à la hauteur de cette mère étouffante. Ce livre m’a bouleversé. A lire absolument ici.

2 – Martin Eden de Jack London (Libretto) – 1909. 

Martin Eden, marin de condition sociale modeste, a soif de vie et d’apprendre. De retour à terre, ce Rastignac américain tombe follement amoureux de Ruth lors d’un dîner. Une bourgeoise que tout sépare de lui : de son éducation à la finesse de ses traits. Dès lors, pour la séduire, il décide de se hisser à son niveau social ; il dévore les livres, les essais et romans ; il apprend, se met à écrire et devient intellectuel de haut vol. Mais le chemin de l’écriture – aujourd’hui en France comme en 1900 aux Etats-Unis – est pavé de difficultés. Et même la réussite se révèle parfois bien amère. A dévorer ici.

3- La ferme des animaux de George Orwell (Folio) – 1945.

Comment raconter l’horreur de l’Union soviétique ? George Orwell prend le pari fou, mais réussi de nous immerger dans une ferme qui, l’air de rien, a tout du système totalitaire. On rit. On pleure avec les animaux – chevaux, cochons, ânes -, qui représentent le peuple, les révolutionnaires, les travailleurs ou l’oligarchie. Typiquement un livre à lire pour commencer la lecture et devenir amoureux des livres. Laissez-vous tenter ! 

4 – Poésies de Paul Verlaine (Pocket) – 1973.

De tous les poètes, je le considère aujourd’hui comme le plus grand. Je gardais, comme nous tous, de ses poésies un lointain souvenirs de l’école. Quel plaisir de le redécouvrir librement à l’âge adulte ! On dirait une petite musique entêtante, une vague. Son usage du « et » est révolutionnaire. Ce recueil a l’avantage de regrouper ses principaux poèmes. A lire et à apprendre par coeur. 

5 – Le lion de Joseph Kessel (Folio) – 1972.

Cette histoire d’amour entre un lion et une petite fille en Afrique remue. L’écriture est ciselée, accessible et si profonde. Joseph Kessel était journaliste et ça se sent à chaque ligne. Ce roman peut vous donner le goût de la lecture. Il vous emportera dans la savane, parmi les tribus africaines et la violence sourde des colons. Je ne regrette qu’une chose : ne plus pouvoir le lire à nouveau. 

6 – La force des discrets de Susan Cain (Livre de poche) – 2014.

Que de passe-t-il dans ta tête pour préférer rester seul chez toi à lire, écrire et penser, plutôt que sortir ? Pourquoi est-ce que tu te sens vidé après un long moment de sociabilité ? Pourquoi est-ce que tu éprouves le besoin de t’isoler pour trouver tes idées ? Toutes ces questions ont pour réponse un mot : INTROVERSION. Toute l’année, j’attends ce genre de livre. Celui qui te change en profondeur et t’éclaires sur une partie de ta vie. Sans hésiter, c’est mon essai coup de coeur de 2022.

7 – Contes des frères Grimm (Folio classique) – 1812.

3 bonnes raisons de lire les Contes des frères Grimm : 1/ Il y a tout Walt Disney, en plus sanglant : Cendrillon, La belle au bois dormant ou encore Blanche-Neige. 2Pour la vision de l’homme à l’époque… Il y a toujours un roi ou un père, qui fait les pires horreurs – comme vouloir tuer ses douze fils pour mieux doter sa fille ou encore sacrifier ses enfants pour sa nouvelle femme – dont l’autorité n’est jamais remise en question. 3/ Ce n’est vraiment, vraiment pas. Un conte pour les enfants !

8 – Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani (Folio) – 2014.

Un roman exceptionnel sur la nymphomanie. Page après page, le lecteur suit Adèle dans sa terrible addiction, jusqu’à la destruction de sa famille. L’ogre, c’est elle dévorant les hommes sans plaisir. Elle a toujours faim. Ce livre d’une violence intérieure rare permet de se plonger dans les affres du désir non-contrôlé. Pourquoi est-elle ainsi ? Entre les lignes, sa psychologie se devine. Un 1er roman magistral.

9 – L‘hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb (Livre de poche) – 1973.

Des dialogues suffocants ! Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, ignoble des personnages, se meurt d’un cancer. Cet obèse se nourrit de tripes et de gras et donne une dernière série d’interviews à des journalistes qu’il détruit moralement, un à un, dans des joutes verbales cruelles. Jusqu’à l’arrivée de Nina, une « fouille-merde » qui tente de révéler la vérité sur LE roman inachevé de l’auteur, « Hygiène de l’assassin », et la part d’ombre du monstre : Léopoldine, la cousine dont il était amoureux durant son enfance… 

10 – Cessez d’être gentil, soyez vrai ! de Td’Ansembourg (L’Homme) – 2000.

Ce livre défend les principes de la communication non-violente. Comment accepter et entendre ses propres besoins, puis ceux des autres ? Derrière chaque émotion, négative ou positive, se cache un besoin à assouvir. Ce livre répond à tant de questions pour mieux vivre avec les autres. Il permet de descendre au fond de son « puit », de devenir une meilleure personne en proposant d’abandonner les masques que nous portons tous.

11 – Roméo et Juliette de William Shakespeare (Folio classique) – 1597.

De nos yeux adultes, Roméo et Juliette demeurent deux adolescents. Leur amour, sublimé par l’interdit et l’éphémère, agace autant qu’il émeut. Ils ne se connaissent pas, mais se promettent déjà de mourir l’un pour l’autre. Ils sont impatients, sourds aux sages conseils de ceux qui tentent de les raisonner, entiers, absolus, brûlants, et c’est tout le message de Shakespeare : critiquer l’amour passionnel plutôt que de l’encenser.  A lire et voir absolument ! 

12 – S’adapter de Clara Dupont-Monod (Stock) – 2021.

Ce roman est multi-primé. C’est LE roman de la fin d’année 2021 sans doute. Il se déroule dans les Cévennes. L’autrice a saisi – comme je n’avais jamais lu auparavant – le cataclysme de l’arrivée d’un enfant handicapé dans une famille. J’ai dû cacher mes larmes dans le train tant je pleurais. Pour lire mon coup de cœur de l’année 2021, cliquez ici.

13 – Poésies – Une saison en enfer – Illuminations d’Arthur Rimbaud (Nrf).

Divines lectures nocturnes en vue ! Lisez ce recueil mythique. Quels sont vos poèmes préférés d’Arthur Rimbaud ? J’ai adoré : Le dormeur du Val ; Les effarés ; Sensation ; Première soirée ; Roman ; Ma bohême. Les poèmes de Rimbaud sont à lire au moins une fois dans sa vie. Ils sont éternels, nous touchent directement droit au coeur. Et dire qu’il les a écrits si jeune.

14 – La fille de papier de Guillaume Musso (Pocket) – 2010.

Une belle histoire d’amour à la lisière du fantastique… comme je les aime ! Tom, romancier à succès, sombre dans une dépression après une rupture amoureuse. Somnifères, alcool, presse à scandale… Sa descente en enfer se déroule sous les yeux impuissants de ses amis. Entre dans sa vie Billie, une femme affirmant être une de ses héroïnes, directement tombée d’un de ses livres… Elle conclut un pacte avec lui : l’aider à reconquérir son amour perdu. En échange, il doit écrire le 3ème tome de sa trilogie, pour qu’elle survive.

15 – La dramaturgie  d’Yves Lavandier (Les impressions nouvelles) – 2019.

Yves Lavandier décrypte et décortique les intrigues des grandes œuvres – films, romans, théâtres – pour répondre à cette question : c’est quoi le truc ? En résumé, ce livre explique les grandes règles connues de tous les scénaristes. De la nouvelle vague française à Hollywood, de Boileau à Cocteau, d’Hitchcock à Allen, les règles sont (souvent) les mêmes ! Car oui, avant de les briser, il faut déjà les connaître… Connaissez-vous le conflit ? Et la règle des trois actes ? Et l’ironie dramatique ? Et le climax ? Pour tous les apprentis écrivains.

16 – Nos étoiles contraires de John Green (Nathan) – 2012.

Nos étoiles contraires ou comment traiter l’injustice de la maladie avec grâce. Deux enfants malades se rencontrent dans un groupe de parole de cancéreux, s’aiment, partent à Amsterdam un week-end, vivent, rient, avec toujours le drame en trame de fond, à portée de cellules. Bouleversant : vous allez pleurer.

17 – L’anomalie d’Hervé Le Tellier (Folio) – 2020.

A ce jour, nous sommes plus d’un million de lecteurs à avoir lu ce roman, en passe de devenir le Prix Goncourt le plus vendu de tout les temps, surpassant L’amant de Marguerite Duras (1984), rien que ça. L’histoire ? Un vol commercial disparaît des radars, puis réapparaît. Etrangement, les deux avions ont été clonés. Vous pouvez lire ce roman les yeux fermés. Et comment comprendrez-vous la fin ? Venez me le dire en commentaires sur Instagram. A lire ici. 

18 – Et toujours les forêts de Sandrine Colette (livre de poche) – 2020.

On ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé. Un ouragan de feu ? Une météorite ? Seuls ceux qui étaient sous terre par hasard – métro, cave, etc. – ont survécu. Tel Corentin, étudiant à l’université en soirée dans les catacombes de la ville. A sa remontée à la surface, il ne reste plus rien. Tout est ravagé. Sans rêves ni buts, il décide de retrouver sa grand-mère, Augustine. Cette dernière vit encore, espère-t-il, chez eux, à la montagne. 

19 – Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois (PUG) – 2014.

Forfait de téléphone trop cher, assurance inutile, manteau hors soldes… Vous vous êtes sûrement déjà fait avoir un jour. Malgré vous, un vendeur talentueux vous a refourgué quelque chose dont vous n’aviez absolument pas besoin. Dans cet ouvrage, deux chercheurs décryptent les trucs et astuces des commerciaux, vendeurs et autres sondeurs. J’en ai fait un article pour le média Demain en mains ici. Ainsi qu’une interview de l’un des auteurs ici.

20 – Les choses humaines de Karine Tuile (Folio) – 2012.

Quand on est pris aux tripes par l’histoire au point d’avoir envie de reprendre la lecture plutôt que de regarder une série ; quand chaque personnage a sa forte identité : Jean Farel, présentateur TV narcissique, Alexandre, son fils, brillant étudiant à Stanford accusé de viol, Mila, jeune fille traumatisée à vie ; quand la cour d’assise est décrite avec véracité ; quand tous les points de vue sont présentés avec talents, jusqu’à ne plus savoir quoi penser. Alors, on tient dans les mains un grand roman. 

21 – Le téléphérique et autres nouvelles de Sylvain Tesson (Folio) – 2019.

Ce recueil de nouvelles va vous emporter loin, dans les forêts froides de Sibérie, par delà la montagne. Ici, les personnages sont vivants, entiers, libres. On vibre avec eux. On mange un repas dans un téléphérique un soir de noël avec l’un. On suit cet homme qui rêve d’une soirée sans électricité pour retrouver l’intimité avec sa femme, loin de la télévision et du réfrigérateur. La neige et le vent frappent et pourtant il fait si chaud. Je n’ai qu’un conseil : lisez ces nouvelles, c’est facile et vous passerez un bon moment. 

22 – A la ligne de Joseph Ponthus (Folio) – 2020.

Les semaines de télétravail ressemblent à de longs tunnels. On en sort un instant, le temps d’une respiration le week-end, avant de replonger en apnée. Peut-on vraiment s’en plaindre ? Lire « A la ligne » de Joseph Ponthus remet les idées en place. C’est l’histoire terrible d’un intérimaire qui enchaîne les boulots pour (sur)vivre. Abattoirs, usines d’emballage de fruits de mer en Bretagne… Une vie entre précarité et souffrance qui force l’admiration. Joseph Ponthus, décédé il y a quelques semaines à 42 ans, avait une écriture rappelant celle d’Apollinaire, qu’il cite d’ailleurs à plusieurs reprises. Sans ponctuation. Des phrases courtes qui s’enchaînent, répétitives comme son gagne-pain. 

23 – Ecrire de Marguerite Duras (Folio) – 1993.

2 incroyables extraits du livre « Écrire » de Marguerite Duras (éditions folio). A lire absolument si vous voulez écrire. « La délivrance, c’est quand la nuit commence à s’installer. Quand le travail cesse dehors. Reste le luxe que nous avons, nous, de pouvoir écrire à n’importe quelle heure. Nous ne sommes pas sanctionnés par des ordres, des horaires, des chefs, des armes, des amendes, des insultes, des flics, des chefs et des chefs. Et des poules couveuses des fascismes de demain. » Ou encore : « Dans les villes, dans les villages, partout, les écrivains sont des gens seuls. Partout, et toujours, ils l’ont été. »

24 – L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder (Folio) – 2012.

Titre ô combien urticant. Son contenu l’est plus encore. Frédéric Beigbeder frappe là où ça fait mal, dans la routine du couple, dans l’infidélité comme seul exhultoire, le divorce obligatoire, le temps qui passe et l’érosion du désir… Inévitables ? Il semble bien quand on lit la solution proposée par l’auteur (alerte spoiler, mais pas trop) : l’astuce réside dans l’union libre et la douce partouze avec un ami dans un bar à Formentera, de préférence. Grand fou !

25 – La joueuse de go de Shan Sa (Folio) – 2001.

Dans ce roman, il y a de La Condition Humaine d’André Malraux dans l’air et du Le joueur d’échecs de Stefan Zweig. Une lecture qui monte en intensité, avec une fin théâtrale. Ce roman se déroule en 1931 dans la Mandchourie alors occupée par l’armée japonaise. Dans ce récit à deux voix, on suit une jeune lycéenne chinoise, joueuse de Go hors pair, qui aime ceux qu’il ne fallait pas, deux résistants. Elle tombe dans un trio amoureux – au départ puéril puis dramatique. On suit aussi un jeune officier japonais chargé d’espionner la population locale.  A lire ici.

26 – Un avion sans elle de Michel Bussi (Pocket) – 2012.

Un style efficace et fiévreux. Près de 600 pages pour répondre à cette terrible question : à quelle famille appartient Émilie ou Lyse-Rose, ce nourrisson survivant d’un terrible accident d’avion dans le Jura ? Est-elle une Vitral, famille modeste de commerçants de Dieppe ? Ou une De Carville (toute est dans la particule). L’histoire captive, haletante, mais manque peut-être de ce supplément d’âme que je recherche dans un livre.